revue

Lucie Lux : Great balls of fire

ONLIT Editions

J’ai toujours cette sensation étrange quand je descends du train. La crainte que personne ne m’attende, ou celle de tomber sur des psychopathes qui auraient trouvé mon contact sur internet. Pour ce week-end, j’ai signé un contrat il y a un mois avec The Wild Snake, l’association qui organise The Psycho Beach Party. Manifestation plutôt connue dans le milieu Rock'n'roll depuis trois ans. Mais bon, on ne se refait pas ! Je repère de suite un beau garçon de l’autre côté de la voie avec une banane à la Straycats et des tatouages. A tous les coups, c’est Danny, mon runner. Je lui fais signe, il me répond. Pas difficile de se retrouver dans la famille Rock'n'roll.
Le site est proche de la gare. C’est une ancienne usine automobile. Magnifique, des piliers métalliques et des poutres de bois, c’est très propre, ce qui me surprend pour un lieu qui va accueillir un tel festival. Il y a plusieurs salles immenses déjà équipées de praticables et pendrillons.
Improvisée dans le sous-sol de la grande scène, ma loge est un peu austère, mais il y a tout ce que j’ai demandé : un miroir éclairé, un lavabo à proximité, et même des friandises ! Certes il n’y a pas de porte, impossible de fermer à clé, mais il y a un épais rideau et le service de sécurité est assez conséquent. Je pose mes affaires. 
Danny doit y aller. Il m’explique avant de partir où se trouve le frigo et le reste du catering. En passant, il me présente le groupe que je dois introduire : The Smell of Female. Tout un programme. J’avais lu un sujet sur eux dans Libé. Danny m’explique que j’interviens avant leur concert. Du coup je leur demande s’ils commencent par un titre de leur nouvel album. Ils me confirment que oui. Dommage, j’avais bossé sur leur précédent. Ils m’expliquent qu’ils commencent par Lick my legs, la plage 6. Je leur demande s’ils n’ont pas un cd à me passer, pour caler mon strip sur le rythme de ce numéro 6. Leur chanteur, Bo, me le donne, un clin d’œil en prime. Let’s Go Sexin’ est le titre du cd, avec une magnifique pochette de Mister Man. Le sonorisateur leur fait signe et leur balance reprend.

De retour dans ma loge, je glisse leur musique dans mon lecteur. La guitare rockabilly, diabolisée par l’orgue Hammond, explosée par la contrebasse, sonne divinement. J’adore ! Dans mes compiles, je trouve le morceau idéal pour précéder les Smell : « Ah-So!» des Highlights, Chinese Rock’n’roll. Rythme rapide, cela ne devrait pas laisser indifférent les fans des Smell of the Female. Chic du Chinese Rock'n'roll ! Je vais enfin pourvoir mettre ma robe cantonaise rouge qui se dégrafe en un tour de main. Des dessous rouges en satin, la petite culotte 50’… Pas de soutien-gorge ce soir ! Je colle sur mes tétons de jolies rondelles à pompon, qu’un subtil mouvement de poitrine fait tournoyer. Mes gros seins sont plus lourds que d’habitude ce soir, je crois que les peaux-rouges ne vont pas tarder à débarquer. « Ah-So! » est le morceau idéal pour ces gadgets ! Il y a un solo de percussion vers la fin qui va crescendo. Il faut juste que je sois à fond ! J’ai répété pendant des mois pour arriver enfin à la prouesse de Tura Satana : faire bouger les pompons dans un sens puis dans l’autre.
- Stella ?
- Oui ?
- C’est Dave, je peux entrer ?
- Bien sûr !
Oh Dave Bey ! Je n’avais pas fais le rapprochement entre Dave de The Wild Snake et Dave Bey. On s’était rencontré à une fête garage à La Rochelle. J’y avais dansé avant Whodunit et un groupe mexicain incroyable, Los Magnificos. Je me souviens surtout de l’after. J’avais la dose qu’il fallait d’alcool dans le sang, celle qui te rend invincible et pleine d’énergie. Alors forcément, quand Kaz a commencé son DJ set avec du surf mixé à « Jungle Affair » des Nocabouts, je me suis hissée sur le bar et j’ai commencé un lap-dance des plus torrides. C’était magique, tout le monde a arrêté de danser, de discuter. Les mecs sifflaient comme dans les boîtes de strip de l’époque. J’ai fait glisser mon chemisier…, puis ma minijupe. C’était vraiment hot hot. J’étais toute émoustillée. J’avais très envie de me caresser ; en même temps, c’était pas l’endroit. Après tout, je reste une burlesque danseuse, et non une danseuse de peep-show. Dommage ! J’étais excitée en diable. Et Dave a tout de suite capté le truc. Il s’est approché, m’a souri et a tendu la main. Je me suis retrouvée dans ses bras. Il m’a emmenée dans l’arrière-boutique, et là je me suis collée à lui pour l’embrasser avec voracité. J’ai senti sa queue en érection. Je l’ai sortie de son jean. Elle était très alléchante ! Et je l’ai sucé. C’était il y a huit mois.

J’enfile en vitesse mon kimono et tire le rideau :
- Salut Beauté !
- Hello Dave !
- J’ai apporté de la Zubrowka bien glacée et un concombre pour ton cocktail préféré.
- Wahooo ! Tu n’as rien oublié… Je n’avais pas mentionné le concombre dans la fiche technique.
Il me prépare un verre. La vodka est à bonne température et le goût du concombre la rend encore plus rafraîchissante. Un frisson me titille. Mes tétons pointent au contact des rondelles sous ma robe cantonaise. La vodka-concombre serait-elle ma madeleine érotique ? Allez savoir ! En tous cas, je me sens ultra chaude. Dave, sans se douter de rien, me parle de la programmation, la transformation de la scène 3 en Jungle. C’est les Mégavixen qui vont s’y produire, et Tara, la bassiste, a demandé à Dave que son groupe joue dans une cage. Cool, Tara est là. J’adore cette fille ! Elle était aussi à La Rochelle ce soir-là. On avait terminé toutes les deux sur la minuscule scène à sept heures du matin, à se déhancher sur « Snow Surfin Matador ». Ambiance castagnettes et Olé ! Olé ! Je crois qu’elle avait fini dans le lit de Kirk des Hot Zombies, parce qu’à un moment, il ne manquait plus qu’eux deux. Bref. Je croise le regard de Dave. Il esquive, et plus il me parle, plus j’ai envie de m’approcher de sa bouche. Le frottement de ma robe sur mes tétons m’électrise. Je m’approche de Dave… « Stella on Stage », crie le régisseur dans le couloir. Soupirs.
Je donne au régisseur mon iPod et lui indique la plage 8. J’aime bien la taille de la scène : ni trop grande ni trop petite. Je demande un essai avec les lumières, gélatines en dégradé de rouge pour une ambiance lampion chinois. JB, le régisseur, lance la musique. Le gong retentit. Ah-so… Je m’élance, parcours en me trémoussant la scène, mes pompons frottent avec force sur le tissus de ma robe… J’adore cette sensation au bout de mes seins. Je dégrafe ma robe et reste immobile, pour jouer des pompons avec mes seins… C’est trop bon. Très stimulant… Le solo du batteur arrive. Mon moment préféré. Je joue avec mon coude gauche pour faire tournoyer le pompon gauche. Doucement il se met en route. Puis de même avec le droit. Et maintenant les deux en sens opposés. C’est jouissif, je mouille… C’est comme si un amant s’occupait de mes seins pendant que je danse. Je redouble d’énergie pour que mes tétons soient encore plus érogènes. Je ne peux empêcher un petit cri que la musique a du couvrir. Enfin, je l’espère. Ouf c’est la fin du morceau… Me voilà complètement étourdie et très excitée.
- Stella, c’est bon pour toi ou on la refait ?
- Non c’est bon, je vais me reposer dans ma loge.
- Ok, on te laisse, on va en profiter pour casser la graine. Rico reste là au cas où.
- Bon appétit les garçons alors !
Je m’écroule sur la banquette. Incroyable, j’ai presque eu un orgasme sur scène. Je me sers un autre verre de vodka-concombre. Un frisson m’envahit. Toujours cette sensation au bout des seins. Ma loge est trop petite pour bouger. J’ai envie de recommencer mon show, juste pour voir si j’éprouve encore cette montée en puissance. Je vérifie qu’il n’y a plus personne dans le sous-sol… Rico doit fumer dehors. Je mémorise la musique de « Ah-So! ». Le gong. Je m’élance… Puis me concentre. Le sein gauche. Le tourbillon de mon cache téton me titille. Comme si une main invisible jouait avec ma pointe érectile, la pinçait, la branlait… Mon sein droit me démange quasi immédiatement. Je l’active… C’est plus difficile sans la musique. Mais ça y est, je lui donne le mouvement inverse. Le tournoiement va crescendo. J’hallucine, c’est vraiment comme si j’étais entre les mains de deux partenaires différents complètement dévoués à mes mamelles. En même temps, il y a cette expérience inédite de la force centrifuge, infiniment  jouissive. Mes seins sont complètement électrisés par des millions de décharges. Le moindre millimètre de mes seins est érogène, jusqu’à mes très sensibles tétons. C’est comme si leur pointe était directement connectée à mon clitoris. Je mouille. Mes lèvres gonflent aussi vite que mes pompons tournoient. Je ne sais plus si j’ai mal ou non. Mes tétons sont en feu. I’m on Fire ! L’excitation monte, se transforme en plaisir. Plaisir de plus en plus fort. La spirale extatique survolte mes tétons. Je mouille encore… Non, je me liquéfie. Je sens l’orgasme pointer. La danse m’étourdit mais la montée de l’orgasme est plus forte, je dois encore tourner plus vite. Cela devient insoutenable, je décharge. J’hurle et me plie en deux. Je ne tiens plus debout, je me laisse tomber sur le divan. Ma tête tourne. Je glisse ma main sur ma chatte, humide et me caresse doucement pour m’apaiser. Vivement ce soir sur scène !