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Je vis en solitaire, au comptoir des rebuts. En bas de chez moi il y avait naguère une cour lugubre où des fléaux gros comme la main épiaient dans leur toile chaque moucheron qui passait. Mais la cour est détruite, ce n’est maintenant qu’une ruine de béton gris et froid. Et à présent, dans ces décombres brumeuses, je considère d’un œil recru ma liste d’assassin. Des noms y sont écrits, les noms des personnes qui m’ont côtoyé depuis que j’ai le nez coupé. Quand j’y pense, être côtoyé n’est pas le bout du monde. Mais je déteste, dans la principauté...

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Assis face au vent sur le sable glacial, Silvady regardait fasciné les vagues phosphorescentes qui, l'une après l'autre, venaient éclater dans un grand bruit d'orage. La femme à ses côtés était très belle, il la connaissait bien : Ambra, la petite speakerine de la septième chaîne. Ce soir, elle venait de lui avouer qu'elle l'aimait, lui, ici, sur cette plage de la dernière Costa, et que cette amourette qu'on lui prêtait avec Jack Riffler n'était qu'un vaste complot fomenté par les tabloïds. « Je te le jure, Darling », avait-elle susurré en lui caressant de la courbe de son ongle nacré les...

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21h30Ce réveil qui sonne me fait sursauter. J’écrase ma cigarette. Je ferme mon livre d’anatomie. Un coup d’œil dans le frigo, verdict, rien. Je saisis donc la canette de coca à moitié vide et deux barres de céréales. Ça suffira. Il me reste mon GSM, ma carte de la STIB (ndlr : société de transports bruxelloise). Je balance tout ça dans mon sac de sport en jetant un dernier coup d’œil au réveil. Je sais que je serai en retard, tant pis, je prends mes clés et referme le studio. 21h50J’attends ce putain de bus qui ne vient pas. Le...

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Christus descendait, en rêvant, la rue de la Madeleine. Il se disait : « Je ferai ce coffret de telle et de telle façon, je placerai un ornement d’argent ici, un ornement là, il faut quelque chose de solide et de léger ; je raillerai sur le couvercle des insectes et des fleurs ; sur les côtés, des plantes bizarres. J’y travaillerai la nuit, il sera vite terminé et servira à payer la robe de noces de Louise. » Soudain, au détour de la rue de la Montagne, il vit venir à lui, portant haut sa beauté, une ravissante créature. Il s’arrêta charmé devant un...

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